Crise politique au Soudan: l'accord conclu entre civils et militaires salué

 

Crise politique au Soudan: l'accord conclu entre civils et militaires salué

La communauté internationale a été unanime à saluer l'accord conclu dimanche entre le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok et le général Abdel Fattah al-Burhane, après plusieurs jours de tensions ayant plongé le pays dans une grave crise politique suite à un coup de force des militaires perpétré le 25 octobre dernier contre le gouvernement en place.

 

La Mission intégrée d'assistance à la transition des Nations unies au Soudan (UNITAMS), qui s'est félicitée du retour à la transition démocratique dans ce pays, a souligné "la nécessité de protéger l'ordre constitutionnel pour sauvegarder les libertés fondamentales d'action politique, de liberté d'expression et de réunion pacifique".

La Mission onusienne a exhorté "toutes les parties prenantes soudanaises à s'engager de manière constructive et de bonne foi pour rétablir l'ordre constitutionnel et la transition".

Les Etats-Unis, par la voix du secrétaire d'Etat Antony Blinken, se sont dit "encouragés" par l'accord conclu au Soudan.     

"Je suis encouragé par les informations selon lesquelles les pourparlers à Khartoum aboutiront à la libération de tous les prisonniers politiques, à la réintégration du Premier ministre Hamdok, à la levée de l'état d'urgence et à la reprise de la coordination", a écrit Antony Blinken sur Twitter, appelant les forces de sécurité soudanaises "à s'abstenir de recourir à une force excessive contre les manifestants pacifiques".

De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a décrit l'accord comme une étape importante vers le retour à l'ordre constitutionnel inscrit dans les accords de Khartoum du 19 août 2019, qui encadraient la transition consensuelle et démocratique au Soudan.        

Il a encouragé tous les acteurs politiques et sociaux, civils et militaires, à approfondir cette orientation et à la mettre en œuvre de manière inclusive et efficace, dans un climat de paix et de réconciliation nationale, exhortant la communauté internationale à renouveler son engagement de solidarité avec le Soudan.

Pour sa part, le secrétaire exécutif de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Workeneh Gebeyehu, s'est félicité de l'accord conclu par l'armée pour réintégrer le Premier ministre Abdallah Hamdok, rétablir un Etat civil et libérer les dirigeants politiques détenus en octobre.

Il espère que "l'accord conduira à la formation d'un gouvernement inclusif et a exprimé la volonté de l'IGAD de travailler avec le nouveau gouvernement dans la mise en œuvre de cet accord et dans leurs efforts pour servir le peuple et construire un nouveau Soudan démocratique".

Le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), Hussein Ibrahim Taha, a, quant à lui, salué le retour à la voie constitutionnelle, soulignant que cet accord représentait une avancée importante vers le rétablissement de la stabilité politique au Soudan et au parachèvement des objectifs de la transition démocratique établies en vertu du document constitutionnel signé le 17 août 2021.     

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a également salué l'accord conclu entre le général al-Burhane et le Premier ministre Hamdok.

Une source officielle du secrétariat général de la Ligue, citée par l'agence de presse soudanaise (SUNA), a indiqué que "l'organisation continuera de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement que Hamdok formera pour réaliser les objectifs du document constitutionnel et de l'Accord de paix de Juba"

Près d'un mois après le renversement du gouvernement, Hamdok et al-Burhane ont signé dimanche, au palais présidentiel à Khartoum, un accord selon lequel ils vont se partager le pouvoir et procéder à la libération de tous les ministres et dirigeants civils arrêtés au lendemain du coup d'Etat.

Le Premier ministre Abdallah Hamdok a promis, en signant l'accord, de mettre fin à l'effusion du sang parmi les civils qui ne cessent de manifester depuis le 25 octobre à Khartoum et dans d'autres villes contre le coup de force des militaires.

 
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